Reportage / SIMA 2019 : encore une belle cuvée !

Le Salon de la machinerie agricole fut encore une belle édition aux dires des exposants, constitués majoritairement de constructeurs ou d’importateurs et de fabricants. Un tour d’horizon complet nous en apprend plus sur la tendance actuelle.

Ce n’est pas une vraie surprise en soi, le marché du quad et du SSV utilitaire est en pleine progression. La recherche permanente d’une meilleure productivité et d’une réduction des coûts de fonctionnement ont fini par convaincre les utilisateurs professionnels les plus hésitants, et notamment ceux du monde agricole pour qui ces 4-roues légers sont un excellent choix pour améliorer le rendement de leurs exploitations. Plus agiles que les automobiles de type 4×4 – dont certaines ne passent parfois plus le contrôle technique… – et surtout plus économiques à l’usage, plus rapides que les gros tracteurs, les quads ont rapidement pris une place essentielle dans la flotte de véhicules dits utilitaires. Et puis, au fil des évolutions proposées par les constructeurs, les SSV – Side-by-Side Vehicles – ont apporté d’autres atouts. Avec leur arceau, les SSV offrent une sensation de sécurité supplémentaire, mais aussi une meilleure accessibilité pour les personnes plus âgées, qui n’ont plus besoin d’enjamber la selle d’un quad. Enfin, la benne d’un SSV ajoute une surface de chargement largement plébiscitée, sans compter qu’il est aussi possible de transporter à deux, voire trois occupants selon le nombre de sièges dans l’habitacle. Autant de points positifs qui ont également attiré les fabricants d’équipements professionnels, comme nous l’avons déjà vu lors du SIVAL en janvier dernier. Enfin, et il est toujours capital de le rappeler, la grande majorité des quads et des SSV bénéficient d’une homologation Tracteur ouvrant droit à la récupération de TVA pour les professionnels et/ou autres possibilités de financement. Direction le Parc des Expositions de Paris-Villepinte pour un différé chez les principaux exposants.

 

Yamaha à plein régime !

Si la marque nippone peine dans le secteur du loisir contre la course à la puissance menée par les constructeurs nord-américains, la présence de Yamaha dans le monde utilitaire ne faiblit pas, et encore moins depuis le renforcement de la gamme Kodiak. Ses deux quads 4×4 que sont le 450 (voir essai ici) et le 700 – disponibles dans de multiples versions – répondent avec beaucoup de discernement aux attentes des utilisateurs professionnels avec leurs équipements de série, comme le treuil Warn, les porte-bagages (indispensables pour accueillir un pulvérisateur ou un épandeur) ou l’attelage complet avec double prise (remorque et prise 3 plots pour les accessoires). La fiabilité et l’ergonomie des quads Kodiak font également partie des points forts des produits japonais. Et nous retrouvons naturellement ces arguments sur les autres modèles exposés par Yamaha Motor France, à l’instar du SSV Viking, un véhicule à trois places qui sera prochainement complété par les Wolverine X2 et X4… dans leur version homologuée. Une attente légitime du réseau de concessionnaires face à laquelle Fabrice Didio – Chef des ventes de la Division PPLV – se montre optimiste ! En attendant, Yamaha accélère sur un autre segment, celui du véhicule électrique avec le petit UMX, présenté comme l’entrée de gamme SSV chez Yamaha. Son silence de fonctionnement et l’absence d’émissions polluantes à l’utilisation convient parfaitement aux différents métiers des espaces verts, alors qu’une version essence de 402 cm3 répond à d’autres attentes. Toujours est-il que les robustes moteurs Yamaha monocylindre offrent de multiples possibilités d’utilisation comme l’ont démontré aux visiteurs les quads suréquipés présents sur le stand.


Polaris, la force tranquille

Le constructeur américain est incontestablement le leader sur le marché du SSV avec une gamme riche d’une dizaine de modèles commercialisés ces dernières années. Entre le 570 cm3 monocylindre et le puissant XP 1000 bicylindre, on trouve également un Ranger Diesel à moteur Kohler 3 cylindres et même un Ranger Crew offrant 6 places assises ! Un record dans la production disponible à ce jour en France, puisque la concurrence s’arrête à 4 places. Polaris n’a pas non plus manqué le virage électrique avec le Ranger EV, dont la discrétion fait le bonheur des utilisateurs restant des journées entières près de leur véhicule. Il permet également de rentrer dans des bâtiments – notamment d’élevage – sans dégager de dioxyde de carbone, un plus indéniable dans l’horticulture ou équivalent. Son ensemble de batteries au plomb libère une puissance équivalente à 30 chevaux (22,4 kW) et le Ranger EV conserve le mode 4×4 comme un modèle à moteur thermique, tandis que la capacité de sa benne propose 226 kg de charge utile. Enfin, à l’utilisation, il n’impose pas de recharge au cours d’une journée de travail normale selon les professionnels rencontrés. Malgré la croissance du marché du SSV chez Polaris, leur gamme de quads Sportsman continue d’apporter des solutions intéressantes. C’est notamment le cas du X2 570 EPS, un des rares quads à benne de la production mondiale, un phénomène du genre permettant d’embarquer 180 kg de charge utile dans ce coffre basculant. Gros pulvérisateur et même groupe hydraulique, tout est envisageable ! Une autre bête de travail sort du lot, le Sportsman 6×6 570 EPS, le successeur du Big Boss 800, le premier quad de série à 6 roues motrices. Il reste toutefois cantonné aux utilisations extrêmes, en particulier dans le domaine forestier.


Can-Am monte en puissance

Depuis trois bonnes années, la marque du groupe québécois Bombardier s’implique sérieusement dans le segment utilitaire, notamment en déclinant ses quads et ses SSV dans des finitions dites Pro et Pro+. Sur la base des véhicules de loisirs du catalogue « grand public », le constructeur remplace des éléments par d’autres plus robustes (pneus Carlisle 26 pouces 6 plis, revêtement de selle en Vinyle épais, prises d’air surélevées, etc.) et ajoute même quelques options, comme les poignées chauffantes sur les versions Pro+. Si le coloris Vert chasse est commun à de nombreux modèles, un gris métallique se distingue sur les Traxter Pro HD8 et HD10, un SSV haut de gamme que nous avions déjà essayé ici en 2017. Si les véhicules Can-Am présentent une finition d’ensemble de haute volée, le couple et la puissance de leurs moteurs Rotax les entraînent facilement vers des utilisations plus extrêmes, notamment en haute montagne, grâce à l’utilisation d’un kit chenilles Apache. Cet équipement ne se limite pas à la neige et se montre sans concurrence en plein hiver dans les zones détrempées, laissant ainsi peu de traces sur le sol. Une caractéristique qui rejoint d’ailleurs celle des pneus basse pression de nombreux quads et SSV du marché. Can-Am a profité du SIMA 2019 pour présenter son dernier modèle de quad, l’Outlander 450 6×6, un six roues motrices commercialisé à un tarif inférieur à 8 000 € hors taxes. Un mode de transmission qui permet de tracter quelque 750 kilos, un chiffre qui évoque ainsi les capacités insoupçonnées des quads. Il s’agit bien sûr d’un cas à part de la production, mais les quads et les SSV ont de la ressource !


Hytrack tisse sa toile

La marque française basée près d’Auxerre a grandement fait évoluer ses sous-traitants chinois et taiwanais depuis près de 20 ans, proposant aujourd’hui des véhicules au rapport qualité/prix digne d’intérêt. Le Service après-vente est d’ailleurs régulièrement cité comme l’un des meilleurs et, même si leurs véhicules ne sont pas parmi les leaders en termes de performances pures, le tarif attractif des quads comme des SSV Hytrack répond à l’attente de certains utilisateurs occasionnels. A titre d’exemple, la gamme de quads démarre avec un petit HY 170 ST à 2 490 € et monte jusqu’à un HY 910 IS à 9 990 €, soit une offre de dix cylindrées différentes, auxquelles il faut ajouter le MP4 électrique, le seul quad de série du genre ! Bon, ce dernier a encore besoin d’évolutions en termes de puissance pour être comparé à un quad propulsé par un moteur essence, mais il a le mérite d’exister et d’ouvrir la brèche. Environ 80 exemplaires ont trouvé preneur en 2018 et ce chiffre pourrait largement croître dans les années à venir dans le secteur utilitaire pour les usages que nous avons évoqués plus haut. En attendant, le best-seller se nomme HY 500 T sur lequel Delta Mics a décidé de porter la garantie à 5 ans depuis le 1er mars ! Du côté des SSV, le distributeur ne s’est pas fait attendre dans le segment électrique, puisque le Jobber EV5 est au catalogue pour la troisième année. Pour l’heure, c’est le nouveau Hytrack T-Boss 550 EPS 4×4 qui lui a volé la vedette au SIMA avec son look nettement plus moderne et sa direction assistée, une technologie généralisée chez tous les constructeurs ! Mais Delta Mics ne se limite pas à la commercialisation de quads et de SSV, une suite d’équipements additionnels griffés URide (remorques, jantes, etc.) vient compléter cette offre pléthorique de véhicules.


Kioti, le spécialiste coréen

Moins connue sur le marché du SSV, la marque coréenne Kioti est un spécialiste mondial de la machinerie agricole, sous-traitant ainsi de nombreuses pièces mécaniques pour d’autres marques. Au SIMA, elle présentait son dernier UTV (pour Utility Vehicle), le 2400 4×4 K9. Homologué route 3 places, ce transporteur multi-tâches, comme il est défini par l’importateur français, est doté d’un moteur Diesel de 24 chevaux fabriqué en interne, de différentiels avant et arrière avec blocage, d’une direction hydrostatique, d’un siège suspendu pour le conducteur et d’un plancher plat facilitant l’accès à bord. Côté chiffres, il n’a rien à envier aux ténors de la catégorie, avec une charge de 500 kg admissible dans la benne et d’une capacité de traction de 590 kg. Trois montes de pneumatiques différentes sont proposées à la commande (tout-terrain, mixte ou espaces verts) et le basculement de la benne peut recevoir une commande hydraulique pour faciliter ses manœuvres. Une longue liste d’options (pare-brise, demi-portes, canopy, feux de travail, etc.) proposées par le constructeur facilite l’adaptation de ce véhicule utilitaire aux diverses professions.


John Deere, une offre pléthorique

Inutile de présenter le géant américain, dont les couleurs verte et jaune sillonnent les espaces verts depuis des lustres. Plus discrets que les énormes moissonneuses-batteuses et autres ensileuses, les nombreux véhicules utilitaires Gator se rapprochent de la catégorie SSV avec leurs sièges côte-à-côte, leur volant et leur benne. Si les XUV560E d’entrée de gamme présente deux places assises, des versions S4 – pour 4 places – sont disponibles sur les 590 essence et 855 Diesel – alors que les XUV835M essence et XUV865 Diesel offrent 3 places face à la route. Particularité de John Deere, les véhicules sont pratiquement livrables à la demande selon les options désirées par les futurs acquéreurs. Tous les XUV disposent de suspensions indépendantes, d’une barre stabilisatrice arrière et d’une direction assistée de série (sauf 560E). La capacité de la benne varie de 181 à 454 kg, celle de la traction de 499 à 907 kg. D’autres modèles s’adressent à des professions plus spécifiques, comme le Gator TX Turf pour les espaces verts (notamment les golfs) ou encore le robuste ProGator, qui supporte jusqu’à 1 535 kilos de charge utile. Vu le bel espace réservé aux Gator sur son stand, John Deere ne néglige pas ce segment en pleine progression.


Brard & Sarran, l’équipementier spécialisé

Si de nombreux concessionnaires étaient présents physiquement ou techniquement sur les stands des marques précitées, le revendeur Brard & Sarran exposait ses dernières productions sur un espace proche de Yamaha, marque qu’il distribue depuis plus de 30 ans. Ce spécialiste développe et fabrique de nombreux accessoires et équipements pour divers corps de métiers, dont l’agriculture et la chasse. Dernière création en date, un système de pose/dépose de clôture électrique, dont la rapidité de mise en œuvre est encore améliorée avec la mobilité d’un quad. Cet équipement “Made in France” très complet intègre parfaitement les piquets et les bobines de fil, ce qui permet d’implanter 2 kilomètres de clôture en 1h30 ! Encore une fois, le faible encombrement d’un quad et sa capacité à évoluer dans des secteurs étroits ou sur des surfaces sensibles sont autant d’arguments qui ne sont plus à démontrer. D’ailleurs, les exposants nous ont régulièrement dit que les visiteurs étaient plus dans une phase d’achat qu’une phase de découverte. Qui en aurait douté ?