Reportage / Piste des Lions

Comme d’habitude, la Piste des Lions donne les trois coups de la nouvelle saison des grandes randonnées tout-terrain, et pour sa 32e édition, plus de 80 quads et SSV se sont retrouvés au Mayet-de-Montagne pour trois jours de baroud sur les chemins pentus et les pistes forestières de la Montagne Bourbonnaise.

Après la neige en 2018, le soleil accueille cette année les quelques 150 participants venus des quatre coins de France, mais aussi de Suisse et de Belgique. On retrouve de nombreux habitués mais aussi des nouveaux venus, attirés par la réputation et les parcours techniques. C’est le cas, par exemple, de Thierry, un Francilien qui roule avec un RZR S 900 depuis à peine un an et demi. Le menu du vendredi est copieux avec une première boucle de 140 km autour de Laprugne et Saint-Clément, suivie d’un parcours en soirée au départ de La Chabanne vers les reliefs qui dominent Le Mayet-de-Montagne. « Ça me change de la région parisienne, plaisante Thierry au retour. Le parcours est varié avec de beaux paysages, de belles montées et de belles descentes. J’avais un peu d’appréhension dans les grosses pierres, mais on est bien encadré. Je redoute également les pannes et comme je n’y connais rien, je sais aussi qu’il y a ici des gens pour m’aider ».

 

Une assistance de choc

La reprise sur des pistes multipliant les passages techniques dans les rochers et les chemins caillouteux s’avère en effet délicate pour certaines machines et des pilotes parfois trahis par leur enthousiasme. Heureusement, l’organisation a prévu une équipe de dépannage sous l’égide du Codever emmenée par Yves Roche. Au Mayet-de-Montagne, c’est le Garage Laurand qui prend le relais et assure les urgences. Le prototype de franchissement jaune poussin qui trône devant l’entrée ne laisse aucun doute sur les spécialités de la maison et l’atelier de la rue de Vichy ne désemplira pas du week-end. Il est vrai que Eric, le patron, est un véritable passionné qui n’hésite pas à vous reconstruire le train avant d’un Maverick Turbo, ressouder une tête d’amortisseur, changer un train de pneus durant la nuit ou vous remettre d’aplomb un circuit de refroidissement défaillant, le tout accompagné de conseils qui en disent long sur l’expérience de l’artiste et ses compétences pour fiabiliser une belle mécanique.

 

A l’école du raid

La deuxième étape annonce près de 140 km vers la station de la Loge des Gardes, puis le Plateau de la Verrie le matin, avant de revenir par les contreforts du Puy de Montoncel l’après-midi. Le tout est pimenté du franchissement épique de quelques marches taillées dans le granit et de descentes abruptes. Voila de quoi ravir les amateurs de technique et de navigation ou l’occasion pour d’autres de s’initier. Tony, un artisan boulanger du Nord, qui roule au guidon d’un 650 Kawasaki, se teste ainsi au suivi d’un road-book. « J’adore la navigation au GPS, et je fais l’apprentissage du road-book, confie-t-il. La lecture de l’odomètre est délicate et la remise à zéro difficile avec les gants, mais sinon il n’y a pas de problème pour lire le road-book en roulant. Il a juste fallu refixer le dérouleur car l’attache s’est cassée ». Peut-être rejoindra-t-il dans quelques temps Nicolas et Dominique, Xavier et Francis, Yves et Christian, Fred et Rémi ou encore Franck et Vincent, les guides qui encadrent avec fidélité les groupes de quads et de SSV sur la Piste des Lions.

 

Une animation bienvenue

Histoire de s’initier aussi aux spécialités locales, l’étape se termine à la Ferme de Gayère où chacun peut découvrir des charcuteries et des plats cuisinés sur place, avant de revenir au Mayet-de-Montagne pour le repas du samedi soir. Dimanche matin, la fraicheur et une épaisse couverture nuageuse ont remplacé le beau temps des jours précédents, et il reste encore une dernière étape de 125 km à parcourir dans ces paysages qui évoquent tantôt la Suisse et tantôt le Canada.Au briefing, Edyth Quincé, la présidente du Codever, donne ses dernières recommandations. « En cas d’arrêt par la gendarmerie ou l’ONCFS, soyez toujours courtois mais ne reconnaissez aucune infraction, sinon il nous sera impossible de vous défendre ». Le conseil se révélera finalement inutile, car à part quelques agents dela Police de l’Eau venus vérifier les passerelles mises en place pour le franchissement des ruisseaux, la Piste des Lions n’a pas fait l’objet de la surveillance qu’elle a connue il y a encore peu de temps. Peut-être que les autorités ont enfin compris tout l’intérêt de ce genre d’événement, encadré et organisé en association avec les communes à cette époque et dans une région accueillante mais si peu fréquentée hors-saison.