ESSAI / CFMoto CForce 1000

En 2012, CFMoto fut l’un des premiers constructeurs “asiatiques non-japonais” à lancer un baroudeur de grosse cylindrée, un privilège réservé jusque-là aux grandes marques américaines. Ce CForce 1000 est son digne successeur et nous allons voir ce qu’il pèse sur le marché actuel au terme de cet essai.

Depuis la présentation du Terralander 800 (l’ancien nom) au premier semestre 2012, soit déjà sept ans, la marque a persévéré dans son expansion. Le CForce 1000, fer de lance de CFMoto, est logiquement la machine la plus évoluée de la gamme puisqu’elle est la dernière sortie des bureaux Recherche et Développement de Hangzhou (300 km au sud de Shanghai) ; quasiment en même temps que le CForce 600 essayé précédemment par notre rédaction. Déjà très réussi sur le 800 pour l’époque, le design est encore plus affirmé sur ce vaisseau-amiral de la firme CFMoto ; qui fête cette année trois décennies d’activité. Les lignes sont plus tendues, moins arrondies, l’agressivité est de mise, collant parfaitement à l’esprit du plus puissant bicylindre produit par ce constructeur de moteurs reconnu. Sur ces lignes taillées à la serpe, on retrouve le coloris Orange métallisé très classe – une version Camouflage vient d’arriver depuis peu – et une riche dotation de série. On va d’ailleurs faire le tour du propriétaire.

 

Un très bon niveau d’équipements

Si le design n’appelle aucune critique, il n’est pas raffiné uniquement pour embellir la mariée ! CFMoto ne la joue pas petits bras et livre ici un quad digne de son rang avec une flopée d’équipements montés d’origine. Sur l’extérieur de la carrosserie, on apprécie les extensions d’ailes qui épargnent des projections de terre et à plus forte raison de boue, les larges protège-mains évitant les griffures d’une végétation abondante l’été et coupant du froid l’hiver, deux larges porte-bagages – dont l’arrière peut accueillir un vaste coffre optionnel – ainsi qu’un espace de rangement entre les feux arrière à LED. D’autres aspects pratiques sont à noter, comme la double prise USB correspondant mieux au standard actuel de recharge des appareils électroniques que la classique prise 12V type allume-cigare présente à ses côtés. Les professionnels apprécieront le treuil pour le relevage d’une lame ainsi qu’un attelage complet avec son faisceau ; parfois optionnel chez les concurrents.

 

CFMoto vise le haut du milieu de gamme

En ce qui concerne le châssis, le constructeur opte pour quatre amortisseurs à gaz plus évolués que ceux des versions antérieures. Avec de multiples réglages précharge de ressort, mais aussi de compression et de détente en agissant directement sur l’hydraulique, les suspensions offrent un meilleur confort, sans toutefois exceller comme des éléments Fox par exemple. Certes, les quads équipés de ces amortisseurs haut de gamme sont vendus 5 à 6000 euros plus cher à cylindrée égale… Très valorisantes à la rétine, les grosses jantes de 14 pouces en aluminium sont chaussées de pneus tout aussi imposants de … 27 pouces ! OK, ça en jette, mais de nombreux constructeurs ont fait marche arrière en revenant à de raisonnables roues de 12 pouces et pneus 25 ou 26″ maxi, l’extrême inertie entraînée par ces lourds éléments en mouvement finissant par nuire à l’agrément de conduite. Heureusement, dans le cas du CForce 1000, une direction assistée efficace compense cette masse élevée.

 

Le mieux est l’ennemi du bien…

L’autre désavantage des grandes roues est une élévation du centre de gravité. Certes la garde au sol est importante en tout-terrain, mais la manque de stabilité en courbe est bien plus désagréable. Avec le CForce 1000, grâce aux bonnes suspensions, ce désagrément est limité en virage serré mais ce quad aurait gagné en agilité avec de plus petites roues. Esthétiquement aussi, les pneus donnant l’impression de frotter à l’intérieur des ailes ; ce qui n’est heureusement pas le cas. Dès la mise en route, le V-twin de 962,6 cm3 ronronne discrètement et se révèle moins démonstratif mais pas moins efficace à l’accélération qu’un TGB Blade 1000, son concurrent direct, dont les roues arrière ne cessent de patiner tellement la cavalerie pousse au train ! Le CForce 1000 est plus progressif mais son allonge reste interminable. Un petit mot sur le freinage centralisé, avec un levier étonnamment placé à main droite, ce qui est un peu déroutant de prime abord.

 

Une excellente motorisation CFMoto

De plus, ce levier oblige à allonger la main pour aller l’attraper, ce qui impose certes de lâcher la gâchette – c’est préférable ! – mais donc d’abandonner le guidon durant ce court instant. Il suffira quand même à arrêter les 447 kilos du gros baroudeur biplace. Ce poids élevé n’empêche le CForce 1000 d’être relativement maniable à basse vitesse, notamment grâce au différentiel arrière et bien sûr à la direction assistée. Dans sa catégorie biplace, ce quad offre un bel espace de vie pour les deux occupants, le passager étant convenablement calé contre le dosseret. Le variateur canadien CVTech délivre là encore la puissance avec progressivité et ne malmène donc pas celui ou celle qui aura pris place à l’arrière. En revanche, le variateur décroche trop facilement en descente et prive le CForce 1000 d’un frein moteur efficace ; même en gamme courte et 4 roues motrices. Conserver un filet de gaz dans la pente n’est pas évident sur une machine de 447 kilos… Un petit point faible qu’il conviendra de retenir en descente, mais sa stabilité – y compris en dévers – n’appelle aucune critique. Disponible immédiatement dans le réseau CFMoto, le CForce 1000 s’affiche à 11 190 euros, y compris dans son nouveau coloris Camo.

 


Retrouvez les caractéristiques complètes sur le site de CFMoto France

 

Liste des concessionnaires

 

 

(Liste non exhaustive)