PDV 2019 / La stratégie payante du team Drag’On !

Le 33e Mondial du Quad de Pont-de-Vaux aura une fois encore tenu toutes ses promesses en termes d’intensité et de spectacle. Sur l’endurance des 12 Heures, le team Drag’On reprend le titre à son adversaire By Rapport-PSR grâce à une stratégie de course bien ficelée… Retour sur une course palpitante.

Comme en 2018, les 12 Heures de Pont-de-Vaux auront tenu en haleine pilotes, mécaniciens, managers et spectateurs jusqu’au baisser du drapeau à damier. Une fois de plus, les deux teams français Drag’On et By Rapport-PSR-Bud auront croisé le fer de la première à la dernière des 720 minutes de cette compétition internationale. Une dimension d’autant plus marquée que ces deux équipes de pointe sont respectivement composées d’un pilote français et de deux pilotes étrangers. Mais c’est au guidon du superbe proto CRQF #3 que Mike Van Grinsven décrochera la pole position, le moteur Honda démontrant que l’on peut compter sur sa vitesse de pointe. Pour seulement 18 centièmes de seconde, Florent Ramel ne pourra décrocher à nouveau cette première place sur la grille de départ sur le proto JSL Production #8 à moteur Husqvarna. Jérémie Warnia se classe 3e à une demi-seconde, puis suit l’étonnant prototype du team WSP #68 du constructeur hollandais Daniel Willemsen à 1″ de la pole et le Yamaha YFZ450R #2 des futurs vainqueurs Cheurlin (F)/Naveaux (B)/Cesari (I).

 

La première manche pour 14″487 !

Moins de 15 secondes vont départager les teams Drag’On et By Rapport-PSR-Bud au bénéfice du premier au terme de la première des deux nocturnes – de respectivement 3 h et 4 h selon le nouveau format des 12 Heures. Une avance dérisoire en compétition, où l’on sait que le moindre arrêt peut faire perdre 3 minutes… Toutefois, conserver la stratégie mise en place initialement est indispensable et c’est ce que s’emploie à faire l’équipe de Drag’On managée par Axel Dutrie qui mise sur des relais de 2 heures pour limiter le nombre de passages au stand pour ravitailler en essence. Dans le même temps, on sait que Jérémie Warnia n’amuse pas le terrain lorsqu’il s’agit de faire des chronos de nuit et qu’il faut garder une sacrée cadence. Idem avec le team américain 4 Libertys Motorsports de Neal/McClure/Richardson qui ne ménage pas son Honda #141. Ils termineront toutefois troisièmes de cette course de nuit, les quatrièmes étant déjà relégués à 1 tour ! Les Anglais du team Qbrus Rocketman McLernon/Bunce/Callaway (Yamaha #64) roulent néanmoins à rythme très régulier qui sera payant à l’arrivée… Nous y reviendrons.

 

USA versus Europe…

Le duel intercontinental est toujours d’actualité dans les sports mécaniques tout-terrain ! Le trio Neal/McClure/Richardson choisi la chaleur de la manche de 4 heures le samedi après-midi pour montrer leur vitesse de pointe. A moins de 30 secondes, le trio Warnia (F)/Holmes (GB)/Zienecker (D) reprend l’avantage sur l’équipage Drag’On avec un petit pactole d’environ 1’25″ au cumul des deux manches. Les Anglais de Rocketman finissent encore quatrièmes devant leurs compatriotes de SJS Services avec les Yamaha #4 de Seal/Cowan/De Vries. Mike Van Grinsven refait surface avec ses coéquipiers Joe Maessen et Kevin Saar (CRQF#3) alors que les Français Pichat/Bouillet/Pitre prennent la 7e place comme en première manche. Grobon/Fernandes/ (#100) et Bourguignon/Schneider/Hieff (#12). Un autre quad CRQF se distingue sur la piste, le n°44 des Français Thibault Pradel et Max Constans, associés au pilote espagnol Guillem Ullastres, qui se place 13e de cette seconde manche. Notons également la belle performance du plus jeune équipage de ces 12 Heures, avec Jérémy Sansonnet (16 ans), Birger Vanpoucke (16 ans) et Tony de Palma (17 ans tout juste) sur le Yamaha #28 préparé par Tonnycat Racing pour l’occasion. Une belle remontée après deux problèmes de transpondeurs successifs durant la nuit. Poisse quand tu nous poursuis…

 

2e nuit de débauche mécanique…

On le sait, la nuit tout est permis, bonnes performances comme désillusions… Dans le premier registre, Yann « Minus » Magnin démontre qu’il met du Fullgaz (!) en ramenant le KTM #36 préparé par SMX au stand à la 3e place ! Lui et ses deux frangins de coéquipiers – Kevin et Pierrick Schweda – connaîtront malheureusement des soucis de freinage durant le week-end ; ce qui ne les empêchera pas de clore la compétition à la 11e place. Performances toujours, mais cette fois dans le team CRQF, auteur de la pole position, qui remporte cette rude épreuve nocturne, raccourcie de 5 à 4 heures depuis cette année. En revanche, ça va moins bien pour les deux leaders incontestés de la course… Jérémie Warnia hérite d’une pénalité de 2 minutes pour vitesse excessive dans les stands (toutefois jugée sans radar, à l’appréciation du commissaire…), soit le même temps imputé a posteriori au team Drag’On pour avoir doublé sous un drapeau jaune ; les pilotes ne seront prévenus que le lendemain matin après réunion du jury. Désillusion également dans le team Lyolyl de Lylian Léger, Nicolas Boucher et Xavier Petroque, dont le Yamaha #31 sera percuté par un autre concurrent avec la fâcheuse conséquence de casser un amortisseur… Mais bon, pendant ce temps, Pichat/Bouillet/Pitre s’abonne à la 7e place !

 

2 heures pour changer la donne !

Faisons le point avant le départ de cette 4e et dernière manche. Jérémie Warnia et les pilotes du team By Rapport-PSR-Bud possèdent 28 secondes d’avance sur Antoine Cheurlin et ses comparses du clan Drag’On. Autrement dit, pas grand-chose, puisque les leaders devront repasser au stand pour faire le plein d’essence … à moins que l’autonomie du Yamaha Drag’On #2 ne fasse aussi défaut. Avec Randy Naveaux au guidon, qui est le pilote en forme du moment, le team calaisien va prendre de gros risques, mais le jeu en vaut la chandelle. Le pilote belge accomplira la mission d’emmener le YFZ450R rouge à la victoire générale, la manche ayant à nouveau été remportée par les Américains du team 4 Libertys Motorsports. Axel Dutrie nous confirmait après l’épreuve : « C’est la première fois qu’on est hyper stressés, parce que l’on avait prévu de ne pas ravitailler durant cette dernière manche comme nous avons une autonomie de 2h05. Malheureusement, ça s’est mal goupillé parce que Randy Naveaux est passé 30 secondes avant le temps règlementaire, ce qui l’a obligé à refaire un tour de 4 minutes, auquel il faut ajouter le dernier tour hier soir… On a pris le risque de tomber en panne, mais on a dû finir avec un ½ litre d’essence ! ». Petite déception logique chez les locaux de By Rapport-PSR-Bud, mais Jérémie Warnia ira féliciter de bon cœur ses adversaires pour leur course stratégique. Le bon esprit règne sur la ligne d’arrivée, d’autant que les deux équipes franco-européennes relèguent leurs adversaires à 3 tours (pour les Anglais des teams #64 et #4) et plus. On vous le donne en mille, le trio Pichat/Bouillet/Pitre termine cette dernière manche à la … 7e place ! Mais au cumul des 12 Heures, ils s’offrent une méritoire 5e place et premier équipage 100 % français. Belle première place chez les féminines pour Séverine Astier, Camille Petit et Cloé Marfort, 28e au scratch sur leur Yamaha #125. Betty Kraft boucle un énième Pont-de-Vaux avec son compère Thierry Bauchiero, dont le Honda TRX700XX #39 a connu des problèmes de chauffe sur les deux manches de l’après-midi. Certains observateurs auront également noté la présence infaillible du vétéran Marc Gobert, qui ramènera son Suzuki LT-R450 #111 en 21e position avec Calixte Lamoriniere et Jean Guyon ; dont le père Esaïe a marqué l’histoire du quad en France notamment avec les belles heures de Team Quad 80. Course en famille également pour les Lamet père et fils, Cyril entraînant Jules dans cette belle aventure avec Gérald Desmoulins sur leur Yamaha #18. Une magnifique édition même si la procédure de départ mériterait un peu plus d’attention… Lancer une meute de pilotes au seul drapeau paraît un peu léger, et cela éviterait des faux départs, comme lors du Kenny Quad Contest sur lequel nous reviendrons la semaine prochaine, avec un Album photo complet. Enfin, terminons par des vifs remerciements aux commissaires de piste et aux bénévoles qui ont œuvré durant les 3 jours de course aux côtés de l’organisation, parce que sans eux, pas de course…


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