Prise en main Can-Am Maverick Trail et X3 X rc

Nous voilà de retour de Chypre, où Can-Am vient de dévoiler à la presse internationale son millésime 2018.5 ; pour année-modèle 2018 et demi. Commençons par les vraies nouveautés, en particulier cet étonnant Maverick Trail.

Le groupe BRP – Bombardier Recreational Products – poursuit le programme de déploiement des SSV de sa marque Can-Am. La firme respecte son calendrier annoncé fin 2015, soit un nouveau SSV tous les six mois pendant quatre ans ! Après les Traxter, Maverick X3 et leurs homologues « Max » 4 places, voici le p’tit dernier, le Maverick Trail. Et très justement, il paraît petit face au surpuissant X3 X rc de 172 chevaux, également présenté sur l’île méditerranéenne qui nous a accueillis pour cette courte prise de contact. Une petite balade sur les pistes chypriotes nous a toutefois laissé apprécier le potentiel du Maverick « 50 pouces », la dimension américaine règlementaire pour que les SSV puissent accéder à leurs sentiers.

127 cm, c’est à peine une dizaine de centimètres de plus que la largeur d’un gros quad 4×4. Pourtant, l’espace de vie à bord est plutôt satisfaisant. Les sièges enveloppants sont agréables, sans égaler ceux des X3, et l’ergonomie générale bien pensée avec de multiples rangements dont un grand vide-poches de 15,6 litres face au passager. La qualité de fabrication, même pour ce SSV que l’on qualifiera de « grand public », est toujours aussi parfaite, à l’image des produits de la firme québécoise. Petite précision qui fait la différence, le 1000 sera livré avec des demi-portes quand le 800 doit se contenter de filets de protections. Mais ce choix s’explique par une politique de prix agressive… On y vient.

La version 800 DPS que nous avons pu essayer reprend un bicylindre Rotax de 51 chevaux et la direction assistée. Notez que la fonction tri-mode (3 intensités d’assistance) n’est pas prévue sur le Maverick Trail, une absence finalement peu pénalisante à l’usage, mais encore avantageuse pour le porte-monnaie puisque le tarif annoncé serait inférieur à 15 000 euros en version homologuée ! A ce propos, Can-Am envisage la classification T2b – adaptée aux SSV de faible poids – et proposera une version dotée de l’ABS, qui lui permettrait de conserver sa puissance moteur originelle et de ne pas être bridé à 60 km/h, comme la version sans ABS et donc comme la concurrence… Un type de certification qui conviendrait parfaitement à ce SSV loisir, qui ne rechigne cependant pas à quelques fonctions plus utilitaires. BRP prévoit d’ailleurs une centaine d’options spécifiques pour son nouveau petit côte-à-côte (ou autoquad en langage québécois !) en partenariat avec des accessoiristes de renom.

Sur les pistes escarpées de Chypre, le 800 DPS nous a paru très agile, malgré une puissance finalement très contenue. Le rapport poids/puissance du 800 est de 11,8 kg par cheval quand le 1000 tombe à 8,2 kg/ch… Les suspensions semblent en revanche assez fermes avec leurs débattements de 254 et 267 mm (AV et AR), bien que la situation s’améliore en haussant le rythme. Le Maverick Trail reste un engin de loisir et non un véhicule sportif, sa faible largeur de voies pouvant rappeler à l’ordre rapidement. Les Maverick Trail 800 et 1000 DPS seront disponibles en jaune dès la fin de l’année en France, mais en version non-homologuée. Pour les versions T2b, il faudra patienter jusqu’en juin prochain pour la mise en production, ce qui donne une arrivée dans les concessions françaises en juillet 2018 pour les versions sans ABS et octobre 2018 avec le système anti-blocage des freins.

 

C’est le moment de prendre les commandes du spectaculaire Maverick X 3 X rc. L’ultime SSV super sportif de Can-Am ne fait pas dans la demi-mesure : un moteur Rotax 3 cylindres turbo de 172 chevaux, des pneus Maxxis Liberty de 30 pouces montés sur des jantes type Beadlock de 14 pouces, une largeur totale de 162 cm (64 pouces) et un look résolument orienté sports extrêmes ; ou Mad Max diront certains ! Si sa vocation est plus singulièrement orientée vers le franchissement, il n’en demeure pas moins efficace sur les pistes rapides avec ses pneus Maxxis radiaux 8 plis au profil carré. Leur solidité sera également un atout dans les pierriers, où le X3 X rc sera dans son élément avec son pont avant « Smart-Lok » blocable et sa plaque de protection intégrale en polypropylène haute densité.

Installé derrière son volant, le siège baquet vous immerge dans le monde de la course, et plus encore lorsque vous clipsez le harnais 4 points ! De toute façon, ne cherchez pas de version homologuée route au catalogue, ce n’est pas prévu dans l’immédiat. La pression sur le bouton « Start » lance la mélodie rauque du 3 cylindres Rotax, néanmoins bien contenue par l’échappement d’origine. Le tableau de bord propose de sélectionner les modes 4×2, 4×4 ou 4×4 avec pont avant bloqué, mais aussi de modérer l’arrivée de la puissance à la pédale d’accélérateur via un interrupteur selon si vous roulez sur une piste rapide (Trail) ou que vous abordez une phase plus délicate (Rock).

A moins que vous ne soyez adeptes de zones très trialisantes ou de look radical, le Maverick X3 X rc n’aura sans doute pas les mêmes atouts que le X rs et ses voies extra-larges (182 cm) pour la compétition, son blocage avant n’étant pas d’une grande utilité notamment. Sans compter que les 2 300 euros d’écart en sa défaveur (32 299 euros le X rc contre 29 999 euros le X rs) s’ajoutent au fait que ses débattements de suspensions et les possibilités de réglages de ses amortisseurs sont également en léger retrait…

Liste des concessionnaires

(Liste non exhaustive)