ESSAI / TGB Blade 600 SE EPS

L’année 2017 aura marqué un véritable tournant pour la marque TGB. Outre un changement d’importateur, la firme taiwanaise a également – enfin, dirons-nous ! – fait évoluer ses véhicules de façon marquante. A l’instar de ce Blade 600 SE EPS, qui arrivera fin avril dans ce seyant coloris gris métallisé.

Ces dernières années, les quads TGB n’avaient reçu que de subtiles modifications. Il y a bien eu précédemment une refonte du système de suspension, notamment un nouveau train avant, puis une augmentation de cylindrée (de 403 à 503 cm3), mais rien n’avait été réellement repensé d’une manière générale. L’arrivée des 600 au cours de l’année dernière a changé la donne, particulièrement pour le Blade qui a reçu une nouvelle partie-cycle en plus du nouveau moteur de 561 cm3 ; le Target s’étant contenté du seul monocylindre (voir essai). Une cure de jouvence supposée apporter plus d’agrément au randonneur mid-size, lequel avait besoin de redorer son blason après avoir cédé sa place de best-seller. Voyons si le ramage est du même acabit que le plumage.

 

Nous délaissons le 600 SL – faisant office d’entrée de gamme avec sa présentation basique – pour nous concentrer sur le 600 SE EPS. Doté d’une direction assistée à trois niveaux de réglage (mini, maxi ou désactivée), il se distingue par une carrosserie peinte gris métal complétée par un kit déco très visuel dessiné en interne chez Delta Mics. Pour le coup, c’est très réussi et cette présentation valorise le quad. Et si l’on ajoute la nouvelle face avant à LED, les jantes noires en alu, le nouvel échappement central (rappelant celui du vaisseau-amiral Blade 1000), les deux porte-bagages et le dosseret passager, on a affaire à une belle machine. Quelques détails pertinents, tels le bouchon de réservoir fermant à clé ou les protège-mains, complètent la liste des équipements de série. Homologation T3 oblige, le 600 SE EPS offre également un attelage complet, avec boule et prise 7 plots compris. Allez, en selle !

 

Premier constat, le guidon apparaît un peu haut. Un réglage de l’inclinaison – selon les goûts de chacun – pourrait probablement améliorer une position que l’on trouve plus confortable sur le Blade 1000 essayé le même jour, et qui propose un cintre moins relevé. Autour de celui-ci, on retrouve le classique et efficace frein à cuillère ainsi que les diverses commandes classiques, dont un override pour shunter le limiteur de régime moteur en marche arrière. Un équipement qui se montre vite indispensable en tout-terrain. Le monocylindre de 561 cm3 démarre au quart de tour et distille une sonorité raisonnable à l’unique silencieux central. Le sélecteur de gammes conserve toujours son système de déverrouillage à poussoir qui impose de le saisir en deux temps. Un choix étonnant puisque le 1000 adopte un levier plus simple à manipuler et surtout plus précis. Gamme longue enclenchée, ça tourne !

 

Moins pataud que par le passé grâce à sa direction assistée, le Blade 600 SE EPS rappelle qu’il fait quand même partie des poids lourds de la catégorie. Toutefois, après quelques kilomètres à son guidon, on prend la mesure des progrès réalisés sur la partie-cycle. Plus stable, un peu plus maniable en off-road, il amortit également bien mieux les aspérités de la piste. Il n’y a guère qu’à un rythme intensif que les amortisseurs – corrects en usage courant – avouent leurs limites. Là encore, le Blade 1000 LT présent à ses côtés servira de maître-étalon avec ses amortisseurs EVO-R, nettement plus progressifs dans les diverses phases d’amortissement. Mais le tarif n’est pas le même non plus avec 2 500 euros d’écart entre les deux cylindrées à niveau d’équipements similaire… Si l’on ne regrette pas non plus les Maxxis Big Horn, les Innova Xtreme Lite restent très rigides avec leur carcasse 6 plis et nuisent à la motricité sur un sol fuyant si l’on persiste à les gonfler à plus de 400 grammes

 

Le choix des pneumatiques – ou, à défaut, leur surgonflage – peuvent mettre à mal les performances d’un quad. Et ce serait dommage dans le cas de ce Blade 600 SE, dont l’évolution du monocylindre fait oublier sans mal la génération précédente représentée par le 550. Offrant plus de vigueur, il se distingue surtout par une allonge supérieure et une constance du régime moteur dans les montées. Mais lorsque le sol n’est pas très accrocheur, comme les grimpettes empierrées des coteaux bourguignons, les pneus Innova font perdre toute la motricité au 600. Heureusement, leur grip est supérieur sur une terre grasse et les franchissements permettent de se passer du mode 4×4 dans la majorité des cas. Au pire, on sait que l’on peut compter sur le pont avant, voire sur son blocage accessible au guidon via un levier. Le freinage reste dans une bonne moyenne malgré l’embonpoint du véhicule. A 7 490 euros, soit 500 euros de plus que le 550 SE EPS, le Blade 600 SE EPS est très bien placé en tarif face à la concurrence et il devrait contribuer au retour de la marque parmi les leaders du marché.