ESSAI / TGB Blade 1000 LT EPS Luxe

Pour 2018, Delta Mics fait évoluer le Blade 1000 LT EPS – le vaisseau-amiral de la marque TGB – vers une version « Luxe » qui le rapproche des meilleurs quads biplaces du marché. Et la première des qualités qui ressort de cet essai est justement le confort.

Quelque quatre années après son arrivée dans le paysage du quad, le Blade 1000 LT EPS atteint un degré de performances et de finition quasi-irréprochable pour un véhicule conçu et né dans un pays émergent. Sans vouloir faire offense aux pays du Sud-est asiatique que sont Taiwan ou la Chine, il faut quand même reconnaître que leurs productions n’atteignaient pas le niveau de finition des géants mondiaux que sont les Japonais ou les Nord-Américains. Mais l’écart semble se réduire d’année en année, même si les constructeurs historiques conservent une longueur d’avance sur les qualités dynamiques de leurs véhicules. Ainsi, l’entreprise Taiwan Golden Bee (TGB) – créée en 1965 sous le nom de Taiwan Vespa pour fabriquer des scooters Piaggio pour la péninsule taiwanaise – a bien intégré les remarques de son distributeur français Delta Mics pour faire évoluer son produit-phare dans le bon sens. Puissant mais un peu brut de décoffrage, le Blade 1000 pouvait, dans certains cas, surprendre son pilote avec son poids élevé et pas toujours bien suspendu. Avec les suspensions Evo-R, le Blade 1000 LT EPS Luxe emmène ses deux passagers sur un coussin d’air (et d’huile) bien agréable !

Mais le gros changement significatif, qui n’est pas étranger à l’excellent comportement du 1000 cuvée 2018, est l’abandon des roues de 14 pouces au profit d’un ensemble en 12 pouces. Certains diront que c’est un retour en arrière ou une pirouette pour faire des économies, mais ce n’est absolument aucun des deux cas ! Les jantes de 14 et leurs gros pneus Maxxis Big Horn 2.0 de 26 pouces apportaient certes du cachet en termes esthétiques, mais en dynamique leur inertie importante rendait une machine finalement lourde à manier et nettement moins agréable que dans la configuration actuelle. De plus, les Maxxis Big Horn 6 plis de 25 pouces du nouveau millésime subissent moins de déformations à vitesse soutenue et participent donc à la meilleure tenue de cap du 1000 LT Luxe en ligne droite. Et contre toute attente, cette ultime version 2018 voit son tarif baisser de 500 euros (11 990 euros au lieu de 12 490) ! Pourtant, Delta Mics n’a pas rogné sur l’équipement de son quad haut de gamme, avec une selle antidérapante, un dossier passager plus enveloppant et des poignées au maintien multiple, deux porte-bagages en plastique thermoformé (et non en acier), un treuil et les amortisseurs Evo-R air/huile dont ne dispose pas le 1000 LT EPS standard à 9 590 euros.

Cet écart de prix de 2 400 euros est encore justifié par la très belle peinture grise satinée qui orne l’ensemble de la carrosserie de cette version Luxe, quand le LT standard se contente d’un plastique teinté dans la masse. Delta Mics a même osé un peu de fantaisie avec un bumper avant jaune fluo, coloris que l’on retrouve sur les flancs du sobre kit déco. Le soulignement des quatre phares ronds par un ruban de LED façon Audi reste d’actualité tout comme le tableau de bord digital complet. Ceux qui connaissent le fonctionnement du sélecteur de gammes TGB des cylindrées inférieures seront agréablement surpris par celui du 1000, qui ne dispose plus du bouton de déverrouillage pour changer de rapport. Et force de reconnaître qu’il est nettement plus agréable et plus précis que celui du Blade 600 SE EPS que nous avons essayé en parallèle. Espérons même qu’à terme, ce système soit généralisé sur l’ensemble des quads de la marque. En résumé, on est face à un gros quad biplace qui n’a rien à envier à certaines productions du marché au tarif bien plus élevé au niveau équipement. Le constat reste un peu différent en roulant…

Si le confort général est très bon et les performances du bicylindre sont intéressantes (avec 83 chevaux annoncé sur le papier), il n’en reste pas moins que le poids élevé de l’ensemble et son inertie générale incite plus à conduire le quad qu’à le piloter. Malgré une direction assistée à trois modes (minimum, maximum ou désactivée pour les réfractaires au progrès…) efficace, il est difficile de placer le quad où l’on veut et surtout de le mettre en glisse ; un point qui ne posait aucun problème avec le Blade 600. Trop sous-vireur et doté d’un empattement trop long pour être joueur, le 1000 LT demande donc d’enrouler plus raisonnablement les virages serrés, fort d’un couple moteur bien présent à tous les régimes. En plus, on profite mieux de la sonorité envoutante de l’unique silencieux central ! En diminuant un peu la pression des pneus Maxxis, on obtient une machine un peu plus ludique, mais il serait intéressant de la tester avec une monte différente. Le problème est que la clientèle réclame ces fameux Big Horn, dont on persiste à dire qu’ils ne sont pas toujours adaptés à certains quads, même s’ils restent de très bons produits… Quant au freinage, il reste efficace malgré l’embonpoint du TGB 1000, le quad restant parfaitement en ligne même en cas d’arrêt d’urgence. Si ce Blade 1000 LT EPS est une bonne alternative aux best-sellers du marché que sont les Can-Am Outlander Max 1000 XT-P et Polaris Sportsman Touring XP 1000, attendons déjà une confrontation avec le CFMoto CForce 1000 EPS, qui pourrait bien, lui aussi, se prendre une part du gâteau dans le segment des gros biplaces abordables puisqu’il est annoncé sous la barre des 12 000 euros…