Essai Exclusif / Textron Off Road Wildcat XX

Le Wildcat XX a enfin posé ses gros pneus de 30 pouces sur le sol européen à l’occasion d’une présentation presse d’envergure en Croatie. Des terres arides qui nous ont permis de nous faire une première impression positive sur le nouveau SSV super sportif de Textron Off Road.

Le constructeur américain nous a longtemps tenu en haleine avec cette nouveauté retentissante dans le segment des SSV super sportifs. Radicalement différent de ses prédécesseurs Wildcat 1000 et Wildcat X, le « double X » a bénéficié du savoir-faire du pilote/développeur Robby Gordon et de son équipe pour le développement du châssis, mais pas que. Outre la géométrie particulière des suspensions, le spécialiste des courses off road en tous genres a mis en application des astuces acquises lors de ses multiples victoires en rallye-raid ou sur les bajas pour maximiser tout ce qui pouvait l’être. Quatre roues strictement identiques, un cargo box étudié pour accueillir une roue de secours sans gêner la visibilité arrière, cette même benne démontable sans outil pour accéder facilement au filtre à air et autres périphériques du moteur (réservoir d’huile, bougies, injecteurs, etc.), la griffe « RG Pro » est omniprésente sur ce véhicule conçu pour le sport et la compétition. Même l’arceau reçoit des barres anti-intrusion à l’avant et à l’arrière, c’est dire si le Wildcat XX compte bien repousser vos limites !

Dans le même esprit, l’ensemble du châssis est démontable en trois parties – avant, centrale et arrière – de même que l’arceau se scinde en plusieurs éléments. Ainsi, en cas de choc, cela n’impose plus de démonter la totalité du SSV pour remplacer le treillis principal. La partie arrière indépendante facilite également l’accès au moteur lorsque celui-ci a besoin d’une grosse maintenance. Cela dit, nous n’avons aucune crainte quant à la fiabilité du 4-temps Yamaha, bien connu des ingénieurs d’Arctic Cat pour l’exploiter depuis plusieurs années sur les motoneiges de la firme américaine … qui construit également celles vendues chaque hiver par Yamaha ! Un échange de savoir-faire permettant aux deux marques de collaborer en bonne intelligence. Ce 3 cylindres de 998 cm3 n’est pas non plus inconnu des amateurs de SSV puisqu’il équipe également le Yamaha YXZ1000R. A la grande différence toutefois qu’il n’est pas ici associé à une boîte séquentielle à 5 rapports mais à une transmission automatique par CVT développée par TEAM Industries ; un partenaire très proche d’Arctic Cat et donc de Textron Off Road maintenant.

Avec des systèmes d’admission et d’échappement revus, le Wildcat XX atteint même les 125 chevaux, soit 10 unités de plus que le Yamaha 1000R. On regrette toutefois son variateur un peu brutal à très basse vitesse sur les premiers mètres ; un petit désagrément qui nous surprend sur une marque qui ne nous avait jamais habitué à pareil comportement. Un point qui disparaît en reprise dès que la vitesse dépasse les 15-20 km/h. On profite de ce détour sur la transmission automatique pour préciser que le carter du variateur se démonte sans outil, un stratagème facilitant le remplacement éventuel de la courroie sur le bord d’une piste. Dans le même esprit, les deux bras arrière tirés sont identiques, évitant ainsi d’avoir à commander une paire de d’éléments d’avance pour les teams de course. C’est sur ces bras tirés, mais également sur les triangles avant, que le team de Robby Gordon a le plus travaillé pour réduire la variation d’angle de carrossage qui induit l’effet de roulis. Ainsi, même lors des gros appuis en courbe, les roues restent bien verticales par rapport à la piste, comme cela se fait sur les Trophy Trucks disputant les courses de désert. Les 4 roues sont suspendues à d’excellents amortisseurs FOX 2.5 Podium dans leur livrée « QS3 », c’est-à-dire avec 3 réglages rapides de la dureté via une simple molette. Un mot sur le choix inédit des jantes KMC de 15 pouces permettant une sélection de pneumatiques plus large, ce diamètre étant retenu pour les autos tout-terrain. Ici, ce sont des pneus CST Behemoth 8 plis en 30×10-15 qui équipent le XX.

A l’avant du SSV, le capot renferme le volumineux radiateur d’eau, suffisamment reculé à l’intérieur du châssis pour ne pas être endommagé lors d’un choc frontal. On trouve également le réservoir de liquide de frein, la trousse à outils et l’accès à une multitude de broches électriques. Car le Wildcat XX est un engin connecté ! Divers accessoires sont déjà prévus au catalogue Textron Off Road pour agrémenter le tableau de bord, réduit à sa plus simple expression dans sa livrée de série. Sachant que le Wildcat XX est destiné au Racing, le pilote pourra rajouter divers instruments de bord ou encore une radio sans avoir à bidouiller le faisceau électrique d’origine. Un large emplacement au-dessus de la console centrale a d’ailleurs été prévu pour cela. Sur la droite, face au passager, on trouve l’une des plus vastes boîtes à gants du marché. Avec un volume supérieur à 15 litres, on pourrait même parler de coffre tant il est possible de ranger une tenue de rechange complète. Entre les deux sièges, un cache permet d’accéder rapidement aux principaux composants électriques (batterie, fusibles et boîtier CDI). Et toujours sans le moindre outil !

L’accès aux sièges baquets se fait via des portes que l’on peut facilement ouvrir grâce à un poussoir posé sur la tranche supérieure. Cela évitera enfin de passer la main à l’intérieur de l’habitacle pour chercher la foutue poignée, comme cela arrive sur de nombreux SSV… En revanche, l’ergonomie de l’assise du siège n’est pas optimale à notre goût. Très incliné sur l’arrière, on a l’impression d’avoir les fesses dans le vide et on ressent surtout une pression sous les cuisses à cause de la forme arrondie de l’assise. En réglant le recul du siège, on arrive à trouver un compromis. Cette position n’offre pas non plus une visibilité extraordinaire devant le capot. Démarreur lancé depuis la clé de contact, le 3 cylindres délivre une belle sonorité, qui reste mélodieuse à tous les régimes et même rageuse dans les tours élevés. Pas de doute, la puissance est bien là, même si elle n’est pas aussi flagrante que les moteurs turbocompressés des Can-Am Maverick et Polaris RZR XP Turbo, qui affichent une quarantaine de purs sangs supplémentaires. Le Wildcat XX devient toutefois le SSV super sportif à moteur atmosphérique le plus puissant du marché, mais il rend 150 kg au Yamaha, la faute à des choix techniques différents…

Sur le tracé d’environ 2 km où nous avons pu évoluer librement, le Wildcat XX offrait un comportement plutôt serein. Aucune prise de roulis évidente, la machine s’est montrée saine, même s’il faudrait rouler davantage et sur des pistes plus larges pour prendre la mesure de son potentiel réel. Le circuit étroit a toutefois mis en évidence une certaine maniabilité pour un SSV frisant les 850 kg tous pleins faits. La direction assistée est très directe, avec peu de rotation du volant pour atteindre la butée ; à l’instar du Maverick X3. Aucun risque de s’emmêler les avant-bras donc ! Le freinage – étriers doubles pistons à l’avant et simple piston à l’arrière – est performant et bien réparti, le XX restant parfaitement en ligne lorsque l’on écrase violemment la pédale. L’équilibre général est très bon également dans les diverses phases de franchissement de la piste de démo croate, où le dernier des Wildcat bascule gentiment d’une pente à une autre. Le rayon de braquage est peut-être un peu large, mais le sélecteur de gammes s’actionne rapidement et avec une relative précision pour inverser la vapeur. Nous aurons l’occasion d’essayer à nouveau le Wildcat XX d’ici la rentrée, l’arrivée des premières unités chez Textron Off Road France étant en cours. D’ici là, nous en saurons plus sur le coût de l’homologation à ajouter aux 25 490 euros de cette version. Deux coloris sont d’ores et déjà au programme, ce vert lime métallisé/noir et un gris anthracite satiné très sobre.

 

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