ESSAI / Can-Am Maverick Trail 1000 DPS

Voici enfin le premier essai du seul Maverick Trail disponible à ce jour au parc presse de BRP France. Pour cet essai exclusif, nous avons pris le volant de la version 1000 DPS, un excellent compris entre le 800 d’entrée de gamme et le Maverick Sport 1000R de 100 chevaux. Un SSV sport/loisir prometteur.

Le prise de contact du Maverick Trail 800 lors de la présentation européenne à Chypre nous avait un peu laissé sur notre faim, avec peu de roulage et surtout un moteur paraissant quelque peu asthmatique. Alors que le V-twin de 800 cm3 s’est toujours avéré efficace sur le quad Outlander, il peinait en effet à donner vie à ce petit SSV. Il faut aussi dire que ce bicylindre est “dégonflé” à 51 chevaux contre 71 unités sur le quad ou le Commander ; le premier SSV de la marque québécoise. Et si on met dans la balance les 619 kilos à sec du bestiau, le rapport poids/puissance du 800 ne lui est vraiment pas favorable. Reste que le Maverick Trail 800 (modèle Base blanc/bleu) sortira à un tarif quasi-imbattable de 12 799 euros en version homologuée T3 ! Bon, pour ceux qui veulent des sensations et dans le même temps ne pas se fâcher avec le banquier, les 75 chevaux de ce 1000 DPS – pour 646 kilos – leur sont vivement conseillés. A 17 699 euros (homologation T3 incluse), on reste dans une tranche raisonnable pour une machine de cette qualité, même si quelques progrès sont toujours possibles…

Avec ses 50 pouces de large, le Maverick Trail 1000 DPS répond aux exigences des pistes américaines et, soyons lucides, cette cote de 127 cm convient parfaitement à nos chemins tortueux et étroits. Doté d’une direction assistée de série, ce SSV devrait se manier du bout des doigts, et nous avons justement choisi les chemins accidentés du Domaine de Prefaissal pour tester ses capacités. Si son système de servodirection dynamique se présente ici dans une configuration simplifiée, donc sans « Tri-mode », le niveau d’assistance s’adapte à la vitesse du véhicule. Mais avant de vérifier ses bonnes dispositions, on vous offre le tour de l’habitacle du Maverick Trail. Comme il est de coutume chez ce constructeur Premium, la qualité perçue est irréprochable. On trouve même de multiples rangements face aux deux places, avec notamment deux coffres étanches d’une capacité totale de 20 litres sur la planche de bord, elle-même toujours aussi complète avec son aspect automobile. La position de conduite n’est pas désagréable, mais on est clairement assis trop bas, ce qui empêche quelque peu de voir où l’on pose les roues avant…

Bien que réglable en recul, le siège du conducteur est très près du sol. Un bon point pour abaisser le centre de gravité, mais a contrario, une visibilité donc réduite sur ce qui se passe juste devant le SSV ; précisons que le porte-bagages avant tubulaire optionnel n’est pas en cause. Passé ce petit désagrément, on note cependant que l’habitabilité est très acceptable en duo malgré la largeur réduite de la machine. Le passager dispose de poignées de maintien et de repose-pieds pour se caler convenablement … quand le rythme augmentera. Idem côté pilote, avec un repose-pied gauche idéal pour prendre appui. Côté options, le Maverick Trail 1000 DPS a reçu un toit, le porte-bagages avant et un astucieux et volumineux coffre étanche qui vient épouser la partie supérieure de la benne afin d’offrir un volume maxi conséquent. On y loge facilement deux casques intégraux, un sac de 70 litres, il reste encore de la place dans les coins pour deux équipements de pluie. Plus de 100 accessoires ont été d’ailleurs été développés par Can-Am pour les Maverick Trail !

Assez des présentations, nous savons qu’il vous tarde de savoir de quoi le Trail 1000 DPS est capable ! La mise en route du bicylindre Rotax apporte une première satisfaction : de faibles émissions sonores. Un atout primordial pour un véhicule tout-terrain amené à circuler dans les chemins ouverts à tous les randonneurs, surtout non motorisés… L’enclenchement des marche avant ou arrière ne pose aucun souci – comme d’habitude chez Can-Am – et le volant se manœuvre du bout des doigts. L’étroitesse de la machine, si elle est un immense avantage dans les sous-bois de ce superbe domaine provençal, impose une certaine retenue sur la large et rapide piste ouverte aux bolides de rallye tout-terrain ; du moins dans un premier temps. Après quelques tours de piste, on comprend que le travail effectué par Can-Am sur ce tout nouveau SSV n’a pas été fait dans la précipitation. La machine se mène avec une facilité déconcertante et avec une bonne technique de pilotage – freinage bien en ligne et accélérations mesurées en courbe – on peut enchainer les courbes sans arrière-pensée. Les suspensions se montrent donc efficaces, mais on regrette simplement quelques couinements désagréables à l’oreille lors du mouvement des amortisseurs… Un point que Can-Am devra retravailler sur les prochaines séries.

Bon, soyons honnêtes, on n’égale pas le puissant Maverick (ex-X3) en vitesse pure, mais la polyvalence apportée par le Maverick Trail 1000 est surprenante. Après cette mise en jambe sur la piste de vitesse, on s’attaque au domaine de prédilection du dernier Side-by-Side québécois, les sentiers. Au Domaine de Prefaissal, on peut aussi bien taquiner le chrono que se balader en admirant les superbes paysages des Alpes-de-Haute-Provence. Grâce au couple du V-twin Rotax, il est pssible se passer de la gamme courte, bien qu’il faudra absolument la privilégier dans les fortes montées pour soulager la courroie de transmission. Ce conseil est d’ailleurs valable pour tous les SSV. En gérant bien ses trajectoires, le Trail 1000 DPS enchaine les montées, les descentes ou les virages serrés avec la même dextérité qu’un gros quad biplace et surtout qu’un petit 4×4 automobile, une cible évidente pour les constructeurs de SSV performants. Les Maverick Trail arriveront tout prochainement avec leur homologation T2b ABS, qui permettra de conserver la pleine puissance d’origine et une vitesse de pointe supérieure à 90 km/h. Nous reviendrons bien entendu sur ces nouveautés 2019, sans oublier le Maverick Sport 1000R DPS avec ses 100 chevaux et sa largeur de voies portée à 152 cm (60 pouces).


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