Défendons notre espace de liberté !

Les organisateurs le savent, il est indispensable de faire des repérages avant d’emmener son club, ses amis ou des clients en randonnée. Malgré une préparation minutieuse sur des cartes au 1:25000, sur le terrain, il arrive en effet que les chemins soient fermés, impraticables ou aient même disparu. Pour randonner, il est donc non seulement nécessaire de participer à l’entretien des chemins, mais aussi de s’opposer à leur pillage ou leur disparition.

Régulièrement lors de nos balades, nous rencontrons des chemins labourés par des riverains, barrés ou obstrués par des gravats ou des branchages. Ils deviennent alors impraticables et, quelques années plus tard, les communes sont amenées à les vendre ou d’en abandonner la propriété en vertu de la prescription trentenaire. Le fait de fermer, de dénaturer ou de s’accaparer un chemin est pourtant formellement interdit et condamné par la loi. Cependant, entre la lourdeur des procédures à mettre en œuvre, le copinage et les sujets plus importants à régler, les maires n’interviennent guère pour s’opposer à la disparition ou à l’annexion des chemins communaux. C’est donc à nous, utilisateurs, de réagir, d’autant plus que les remembrements et les interdictions de circulation ont déjà largement réduit nos espaces d’évolution.

En pratique

Lorsque vous découvrez un chemin dont l’accès est devenu impossible ou dont l’emprise a été fortement réduite, il faut noter sa position sur la carte, prendre éventuellement des photos, puis s’assurer – en consultant le cadastre – qu’il s’agit bien d’un chemin rural. Si c’est bien le cas, il vous revient de demander au maire de la commune d’intervenir en faisant bien entendu preuve de diplomatie mais aussi de fermeté. Dans le cadre de son pouvoir de police, le maire doit en effet prendre les mesures nécessaires pour assurer la commodité du passage sur les chemins ruraux. En cas d’entrave à la circulation, il est également possible de déposer plainte en s’appuyant sur l’article L 412-1 du Code de la route : « Le fait, en vue d’entraver ou de gêner la circulation, de placer ou de tenter de placer, sur une voie ouverte à la circulation publique, un objet faisant obstacle au passage des véhicules ou d’employer, ou de tenter d’employer un moyen quelconque pour y mettre obstacle, est puni de deux ans d’emprisonnement et de 4 500 euros d’amende ». En cas de besoin, le Codever (Collectif de défense des loisirs verts) peut vous aider dans ces démarches. De même, lorsque vous prenez connaissance, soit dans la presse, soit par affichage en mairie ou sur le terrain, d’une enquête publique en vue de la vente ou du déclassement d’un chemin, vous avez tout à fait le droit, et intérêt, de vous y opposer et de contester ce projet en utilisant le registre d’enquête déposé en mairie. Là encore, le Codever peut vous conseiller et grâce à son réseau en région donner plus de poids à cette démarche. Il fait d’ailleurs partie du collectif “Chemins en danger” qui rassemble différentes associations de randonneurs et d’écologistes sensibles à cette situation. Ses actions ont ainsi permis récemment d’empêcher la vente de chemins dans le Maine-et-Loire, la Manche et l’Allier.

 

Les préjugés défavorables aux loisirs tout-terrain ont la vie dure et leur instrumentalisation par les écologistes reste forte et pernicieuse. Face à cette situation, le Codever (Collectif de défense des loisirs verts) assure depuis 30 ans la défense de la liberté de circuler sur les chemins et l’assistance des usagers. Il est aussi l’initiateur des Journées des chemins. N’hésitez pas à le contacter en cas de problème, ou mieux, adhérez au Collectif pour soutenir ses actions et bénéficier de sa couverture juridique. Contact : 09 65 04 44 76 et codever.fr