Reportage / 14e AMV Quadrézienne

L’AMV Quadrézienne a conquis de nouveaux randonneurs grâce à sa notoriété d’événement national. Les nouvelles recrues ont été bonnes pour un baptême poussiéreux dû à une chaleur et une sécheresse exceptionnelle, mais c’était bien bon quand même !

La Corrèze est décidément un territoire surprenant et imprévisible. En quatorze éditions, on aura connu toutes sortes de conditions de roulage, des plus agréables aux plus rudes ; excepté la neige quand même ! Forcément en septembre, on oscille entre chaleur estivale et pluies automnales. Cette année, aucun risque de voir des bonhommes de boue arpenter le petit village de Reygades, qui n’a pas vu de vraies pluies depuis des semaines… Pire, l’événement aura pu être compromis si le sérieux de l’équipe menée par Jean-Luc Fouchet n’avait pas fait ses preuves depuis une bonne vingtaine d’années avec le Kenny Festival (qui a lui-même succédé à l’Oxbow MX). Avec 80 marshals équipés d’extincteurs et répartis sur tous les endroits stratégiques de cette randonnée longue de 70 kilomètres, les craintes étaient écartées. En l’absence d’eau, la balade était certes pénible par endroits, avec une visibilité réduite par des murs de poussière(un vrai fesh-fesh pour les connaisseurs !), mais quand on prenait soin de laisser un peu de distance avec la machine qui nous précédait, il était bien agréable de retrouver un terrain aussi technique et varié ! Si l’on peut saluer le travail considérable du traceur de cette randonnée, avec un fléchage irréprochable, Cédric Lucas va repenser une bonne partie du tracé pour 2020 et donc la 15édition de l’AMV Quadrézienne ! En attendant, c’est le top départ lancé par Antoine Méo et Agnès Rouvière, la Directrice Générale adjointe de l’assureur AMV, partenaire historique de la randonnée corrézienne, suivi des dix privilégiés qui auront la chance de passer la journée avec le rallyman.

 

14 années d’existence et toujours des p’tits nouveaux !

Et c’est bien là toute la force de l’AMV Quadrézienne, un tracé tortueux avec de bons dénivelés positifs et négatifs. Quelques traces connues reviennent à la surface au fil du passage des quads et des SSV, mais on retrouve avec plaisir des parcours appréciés comme « La piste à Paulo »– une fabuleuse succession de virages relevés qui s’avalent sur un bon coup de gaz – ou encore « Le pont qui bouge », une passerelle aménagée qui ne subit que le poids des ans tant les randonneurs motorisés savent préserver ce formidable terrain de jeu. Sur ce parcours technique, quelques moments de répit permettent d’apprécier ce paysage très vallonné, le point culminant étant situé aux alentours des 520 mètres. C’est sur l’un de ces plateaux qu’est organisé un premier point dégustation de produits du terroir, avec des fraises et du jus de pommes produit localement. JLFO tient à perpétuer cette excellente relation avec les Corréziens, qui le rendent bien. Avec seulement 192 habitants au dernier recensement en 2016, Reygade redevient une commune isolée en dehors de la période estivale. Hôtels, campings, gîtes et autres commerces apprécient la venue de ces centaines de randonneurs motorisés auxquels il faut ajouter les crosseuxdu Kenny Festival, leurs accompagnateurs et tous les exposants.

 

Randonnée paisible sans pression du chrono

Si le chrono et la vitesse sont rois sur le circuit de cross Paul Graffouillère, le rythme est nettement plus posé dans les chemins. Ceux qui haussent la cadence sont vite sanctionnés par la mécanique… Quelques rotules de direction ou rares crevaisons sont dénombrées au détour du parcours, et une petite sortie de piste sans gravité pour un quadeur. Son Outlander gardera quelques griffures sur sa carrosserie jaune et son conducteur quelques vannes par les copains ! L’ambiance est bon enfant à chaque pause dégustation, notamment pour goûter au fameux tourtou, cette crêpe à base de blé noir typiquement corrézienne, gentiment préparée et servie par des autochtones. Ce stand est situé après le non moins fameux bourbier qui, cette année, est complètement à sec ! JLFO comblera ce vide par quelques rondins de bois qui piègera notamment Laurent, venu pour la première fois depuis Clermont-Ferrand avec son épouse Fanny : « C’est très poussiéreux, mais le parcours est très sympa », nous confiera-t-il avant de repartir au guidon de son TGB Blade 1000. Des primo-participants donc, comme les deux copains champenois Fabrice et Jean-Paul, quadeurs depuis trois ans seulement, qui piqués par le virus ont investi chacun dans un Outlander 1000 pour élargir leurs horizons.

 

Des p’tits nouveaux et des z’anciens !

A quelques mètres de ce nouveau point dégustation, François et Manu – venus de La Rochelle – comptent déjà 9 AMV Quadrézienne au palmarèset cette année sur leurs Can-Am Renegade respectifs. Eux aussi reconnaissent que les conditions de sècheresse sont exceptionnelles et bien sûr malvenues… Mais on ne choisit le climat, on le supporte ! Cela n’empêche pas les Basques Katia et Laurent de garder le sourire aux côtés de leurs camarades de rando Arnaud et Olivier, deux gaillards d’Agen bien outillés avec leur compresseur portable pour nettoyer le filtre à air de leurs quads ! Tout aussi astucieux, les Normands Stéphane et Philippe ont prévu de rester toute la semaine pour participer au Polaris Camp le week-end suivant ! Ils vont en profiter pour parcourir la région et découvrir ses richesses, une chose qu’ils n’avaient pas eu le temps de faire il y a 4 ans pour leur première participation. Si l’organisation enregistra 120 départs sur la rando le dimanche (plus de 700 sur l’ensemble du week-end, soit 25 de plus qu’en 2018), quadeurs et SSVéistes ont pu prendre le temps de découvrir le Salon tout-terrain où Can-Am, CFMoto, Polaris, TGB et Yamaha présentaient un nombre considérable de véhicules, dont plusieurs modèles 2020. L’importateur Delta Mics était le seul à proposer des essais sur la banderolée de la Ferme du Doux, où le gargantuesque repas achevait une journée bien remplie !