Reportage / Rand’Uro Vassivière

Le traditionnel rendez-vous hivernal de Vassivière-en-Limousin (Creuse) est devenu désormais un week-end de randonnée sur les traces du mythique enduro. Cependant, même si le chronomètre est rangé et les spéciales oubliées, les parcours restent toujours aussi intéressants et le rythme souvent soutenu. En piste !

Une organisation plus simple

Dès sa création en 2013, la randonnée organisée lors du week-end de l’Enduro de Vassivière a toujours fait le plein. D’une cinquantaine de participants, on est ainsi passé, en sept ans, à un peu plus de 250 cette année. « On n’est pas mécontent des inscriptions. On aurait pu être beaucoup plus, mais on est limité par la capacité d’accueil de la salle polyvalente pour le dîner du samedi soir. C’est 330 personnes maxi et les bénévoles de l’organisation vont devoir manger debout ou attendre après les participants » confie un Jean-Jacques Bord détendu. L’organisation de cette randonnée est en effet beaucoup plus simple que celle d’une compétition comme l’enduro et ne nécessite ni le même budget, ni un encadrement aussi important. « Pour le parcours, on reprend celui du dernier enduro en l’empruntant simplement dans l’autre sens » ajoute le président du Vassivière Club Tout Terrain. L’événement a une nouvelle fois attiré des participants de toute la France, beaucoup d’habitués et d’anciens de l’Enduro venus de l’Ouest, de la Bretagne au Pays basque, d’Auvergne et du Limousin, mais aussi de la région Rhône-Alpes et d’ailleurs. A Royère, petit village perché à 700 m d’altitude sur le Plateau de Millevaches, c’est une bruine fine mais pénétrante qui accueille les participants pour les contrôles administratifs et techniques sur la base du Club, le samedi matin. Elle ne nous lâchera plus de tout le week-end…

Millevaches sous la pluie

Dès 13h, les moteurs commencent à vrombir car, compte-tenu du temps, le départ a été avancé à 13h30. A l’heure dite, Jean-Jacques Bord lâche donc les participants par petits groupes sur une première boucle de 70 km. Elle file d’abord vers le Nord pour escalader les puys couverts de forêts ténébreuses qui encerclent Royère et rejoindre ensuite la Vallée du Thaurion. Les pistes sont grasses, parfois très boueuses, les racines et les rochers bien glissants. On rencontre aussi quelques passages serrés entre les arbres ou les arbustes, mais dans l’ensemble, le parcours ne présente pas de grosse difficulté et s’avère parfaitement fléché. L’humidité ambiante impose cependant de s’arrêter régulièrement, au moins pour nettoyer ses lunettes ou sa visière. Personne ne s’éternise à la pause dans le village du Monteil et on poursuit par une grande boucle sur les pentes des collines qui dominent Saint-Pierre Bellevue. On veut bien le croire, mais pour le coup d’œil et les paysages, il faudra revenir une autre fois ! Encore quelques grimpettes au milieu des bois et nous voila bientôt revenus à Royère. « C’était un beau parcours, un peu court, mais vu le temps, on est aussi content de rentrer » confie François, du club Quad 17 Aventure, avant de laisser son quad au parc fermé. Un tour sur le circuit du club avant d’arriver aurait peut-être apporté un peu de piquant pour les plus acharnés.

Le grand huit sur un plateau

La deuxième boucle débute le lendemain à 8h et à la lueur des phares. Elle nous entraîne cette fois vers le Signal du Pic et le Puy de la Prade, dont les versants pentus cachent de jolis pierriers et des marches sculptées dans le granit d’anciennes carrières. Entre le brouillard, la brume et les ondées, le rythme est plus lent mais les amateurs de passages techniques ont de quoi se régaler. Quelques grandes pistes forestières et des tronçons de petites routes permettent de se reposer les bras, mais pour le reste, il s’agit de rester concentré car les pièges sont nombreux aux détours des chemins. Continuant à jouer à saute-mouton sur les collines, le parcours effectue ensuite une incursion vers Saint-Pardoux-Morterolles, avant de revenir en frôlant le Lac de Vassivière. Venu de Loire-Atlantique avec cinq clients, Hervé, le boss de Quadra Shop a aussi disputé huit fois l’enduro. « La boucle d’hier était un peu courte, c’était de la balade dominicale, mais celle d’aujourd’hui est un très beau parcours d’enduro avec de la difficulté mais rien de dangereux, témoigne-t-il. Côté organisation, il n’y a rien à redire. Pas d’attente, une randonnée bien gérée, ce n’est que du positif ». Alors à l’année prochaine ? Sans doute pas car le VCTT travaille sur un projet de Championnat d’Europe d’enduro pour avril 2020 ! Il faudra donc sans doute attendre une année de plus pour rand’urer à Vassivière. Deux albums photo de ce week-end creusois sont en ligne sur notre page Facebook.